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Revue de Marché Hebdomadaire 04-10/05/2015

La peur des liquidations du mois de mai

Le mois de mai est déjà là et les investisseurs qui s’en remettent au vieux dicton boursier « Sell in May and go away » (qui veut dire concrètement qu’il faut vendre ses actions en mai puis ne plus revenir sur le marché avant un certain temps) craignent une éventuelle correction des cours des actions. Il existe une bonne raison qui explique le fait que « go away » (s’en aller) rime avec May (le mois de mai), car ce dernier, historiquement considéré comme un mois de chute des cours boursiers, a une réputation de « porte-malheur ».

Au mois de mai, le marché semble entrer dans une sorte de « zone d’ombre », car il se situe entre la période des résultats du premier semestre et le reste de l’année et à un moment où, les investisseurs prennent le temps de digérer les premiers rapports trimestriels de l’année ainsi que les prévisions de bénéfices pour les mois restants, tout aussi importantes. Si les investisseurs sont déçus cette année au mois de mai, il ne sera pas surprenant de voir les indices majeurs de Wall Street, tels que le S&P500, le NASDAQ100 et le Dow Jones chuter librement.

Le point sur l’état de santé de Wall Street

Dans l’ensemble, du fait de valorisations d’actions ayant atteint leurs plus hauts historiques, les investisseurs sont désormais particulièrement sensibles à tout évènement pouvant décevoir leurs attentes. Le marché est focalisé sur les sociétés du S&P500 et espère une progression totale de 2 % en glissement annuel. Jusqu’à présent, les résultats publiés ont pour certains marqué un léger mieux par rapport aux prévisions, en ce compris, Kraft, le tout puissant de l’alimentaire, Merck le géant du secteur pharmaceutique, Microsoft, Starbucks et surtout Apple. En effet, Apple a une fois de plus dépassé les estimations des analystes, ces derniers devant pour la plupart réviser les niveaux des cours boursiers visés à la hausse. Cependant, d’autres résultats se sont avérés décevants : Ford Motor a généré de faibles revenus tout comme Pfizer, un des principaux concurrents de Merck. Mais, c’est Twitter le géant du High tech qui a sans aucun doute enregistré le plus gros recul, ses bénéfices se révélant en deçà des prévisions des analystes et son cours dégringolant de plus de 18 % après la publication des résultats.

Maintenant que nous entrons dans le mois de mai et que les investisseurs commencent à analyser minutieusement les rapports du premier trimestre, les négociations sur Wall Street risquent d’être tendues et la probabilité de voir l’ensemble des investisseurs faire marche arrière augmente de plus en plus. Cependant, tandis qu’au fur et à mesure que la semaine avance, les résultats des entreprises, passés et présents vont prendre toute leur importance pour les investisseurs des indices de Wall Street, le sentiment du marché sera d’ici vendredi dominé par l’évènement majeur de cette huitaine : les emplois non agricoles américains qui devraient affecter l’évolution de tous les marchés, des devises aux matières premières en passant bien entendu par les indices de Wall Street.

Les NFP de vendredi

Lorsque vient le moment de la publication des chiffres de variation de l’emploi non agricole encore appelés NFP (Non-farms Payrolls), les investisseurs espèrent généralement le meilleur tout en se préparant pour le pire. Le sentiment haussier à l’égard du dollar s’est peu à peu troublé, principalement en raison des chiffres NFP faibles du mois dernier qui se sont révélés être loin derrière les prévisions du consensus à 200 000 en atteignant seulement 126 000 nouveaux emplois. Donc maintenant si la lecture des NFP de cette semaine nous donne un chiffre aux alentours de 120-150 000 emplois, les investisseurs risquent d’interpréter ce résultat comme une tendance à la baisse et de devenir sceptiques à l’égard de l’économie américaine et du dollar à fortiori. Si c’est vraiment le cas et que les NFP se révèlent fragiles une fois de plus, alors on pourrait assister à une augmentation des pressions à la vente sur le dollar et parallèlement à une progression des matières premières et des devises à risque telles que l’euro ou le dollar australien. Et pour Wall Street ? Malgré la possibilité que des NFP plus faibles retardent le prochain relèvement des taux par la Fed, il est également très probable que les investisseurs interprètent ce résultat comme un signe de baisse des bénéfices futurs des entreprises. En définitive, ce sont à la fois les rapports financiers du premier trimestre et les NFP qui vont dominer l’évolution des indices boursiers de Wall Street.

Néanmoins, et en dépit du fait que les investisseurs se préparent pour le pire, il va bien falloir que la vérité émerge au grand jour ;statistiquement, les NFP ont tendance à remonter après une forte baisse, ce qui signifie qu’un chiffre supérieur ou égal à 200 000 n’est pas inenvisageable, loin de là. Dans ce cas, l’effet sera naturellement positif pour le dollar et négatif pour les matières premières.

Les retombées de ce discours sur l’activité financière

Dans l’ensemble, les investisseurs vont approcher les marchés cette semaine avec un certain degré de sensibilité aux mauvaises nouvelles. En ce qui concerne les devises et les marchés des matières premières, les NFP devraient constituer l’évènement marquant de cette huitaine. Toute lecture inférieure ou égale à 150 000 emplois pourrait renforcer le sentiment baissier à l’égard du dollar et par conséquent entrainer une augmentation des ventes du billet vert contre l’euro; la livre sterling et le dollar australien. De plus les matières premières telles que l’or et le pétrole pourraient gagner un peu de terrain. Parallèlement, Wall Street évoluera en fonction des résultats financiers des entreprises du premier trimestre et des NFP. Des revenus honorables et des perspectives solides du secteur privé combinés avec de bons chiffres NFP donneront le feu vert aux indices S&P500 au Dow Jones et au NASDAQ100 pour repartir vers le haut. Des résultats et des prévisions décevants combinés avec de mauvais résultats NFP pourraient entrainer la baisse des cours boursiers.

 

Les ingrédients de la semaine

Indice PMI manufacturier de la zone euro (lundi) – Cet indicateur nous éclairera sur la situation du secteur manufacturier dans la zone euro. Une lecture supérieure à 51,9 serait positive pour l’euro.

Décision de la RBA en matière de taux d’intérêt (mardi) Après la décision surprise de la RBA de laisser les taux inchangés le mois dernier, les investisseurs vont attendre avec impatience les résultats de la résolution cette semaine. Si la RBA se montre à nouveau optimiste, le dollar australien pourrait progresser.

Variation de l’emploi ADP (mercredi) – Bien que l’importance de la variation de l’emploi ADP en tant qu’indicateur des NFP ait diminué, cet indice orientera toutefois le marché avant la publication des résultats de vendredi. Une lecture supérieure à 200 000 pourrait soutenir le dollar jusqu’à vendredi.

Taux de chômage australien (jeudi) – Après la décision de la RBA prononcée plus tôt dans la semaine, les investisseurs vont analyser de près les chiffres de l’emploi afin d’obtenir plus d’indices sur la politique économique. Une baisse en dessous de 6,1 % sera interprétée comme un facteur encourageant pour le dollar australien.

Élections britanniques (jeudi) – Les élections britanniques prévues le 7 mai May seront suivies avec la plus grande attention autant par les traders de livre sterling traders que les investisseurs de FTSE100. Les Tories et les Labour se trouvant au coude à coude dans les sondages, il est difficile de savoir quel parti remportera les élections. De plus, les conséquences pour la livre et le FTSE100 sont impossibles à connaître. En effet, quelle que soit l’issue du scrutin, celle-ci pourra avoir un impact positif aussi bien que négatif pour l’économie britannique.

Variation des emplois non agricoles américains (vendredi) – L’évènement majeur de la semaine. Si la variation des emplois non agricoles américains ne dépasse pas la barre des 150 000, cela risque d’être néfaste pour le dollar.

Graphique de la semaine – EUR/GBP

EURGBP chart weekly

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