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Revue de Marché Hebdomadaire 11-17/05/2015

Est-ce l’heure de miser sur la croissance ?

Après avoir intensément porté leur attention sur les données américaines pendant plusieurs semaines, les investisseurs vont se concentrer sur cette semaine qui s’annonce frénétique dans deux régions économiques du monde majeures, à savoir l’Europe et l’Asie. L’économie mondiale doit faire face à deux types de difficultés complètement imbriquées qui sont source de préoccupation et susceptibles de dominer les marchés mondiaux. La première adversité est l’inflation, ou mieux dit, l’absence d’inflation. Mis à part le Brésil et la Russie, l’inflation mondiale est tombée « au point de congélation ».  La seconde se trouve être la croissance. Les investisseurs tout comme les décideurs politiques se posent la question suivante : quand la croissance va-t-elle se remettre en route ? Les décideurs politiques donnent des orientations aux investisseurs tandis que ces derniers réagissent à toute intervention de leur part, que ce soit dans la sphère du Forex ou sur les marchés des matières premières, actions ou obligations. Cette semaine, tout va se jouer en fonction des indicateurs de croissance en Europe et en Asie et c’est à partir de ces résultats que les investisseurs vont élaborer leur stratégie.

La zone euro est-elle sur la voie de la reprise ?

C’est la zone euro qui va en premier lieu être concernée par le thème de la croissance cette semaine. La région a dernièrement connu des difficultés non négligeables avec un euro en repli absolu à la suite de la volatilisation de l’inflation dans la zone et du ralentissement de la croissance jusqu’à un niveau proche de la stagnation. Toutefois, dans l’attente des chiffres de PIB trimestriels, les premiers indicateurs de croissance de 2015 pour la zone euro, les investisseurs espèrent tous ensemble que les résultats dépasseront largement les prévisions. Au vu de plusieurs lectures encourageantes concernant les différents indices PMI de la zone euro, les acteurs du marché tablent sur de meilleures perspectives. C’est donc sur le PIB de la zone euro en général et sur celui de l’Allemagne en particulier, en tant que moteur de croissance de la région, que le marché va principalement se concentrer. Si la croissance de la zone euro devait excéder les prévisions, deux choses pourraient se passer : en premier lieu, l’euro pourrait regagner du terrain et grimper encore plus haut après s’être légèrement redressé ces deux dernières semaines et en second lieu, les indices boursiers majeurs de la région pourraient également connaître une évolution favorable. Les taux de croissance attendus sont les suivants : un rythme de croissance modeste de 0,9 % en glissement annuel pour l’ensemble de la zone et un taux de 1,4 % pour l’Allemagne. En cas de résultats supérieur à 1 % pour la zone euro et égal ou supérieur à 1,5 % pour l’Allemagne, les investisseurs pourraient conclure que les mesures de soutien de la BCE commencent à faire effet. Et si c’est vraiment de cela qu’il s’agit, alors peut-être que le recours à des mesures supplémentaires (qui ont tendance à faire fléchir l’euro) ne sera pas nécessaire. Cela pourrait donc être une raison valable d’acheter l’euro et avoir donc probablement pour effet d’influencer le sentiment des investisseurs à l’égard de l’euro et de ses contreparties.

Le Japon va-t-il à nouveau connaître une embellie ?

L’économie japonaise a eu du mal à se redresser après la chute libre enregistrée par son PIB à la fin de l’année 2014. Entre-temps, les mesures de soutien supplémentaires que de nombreux participants du marché attendaient de la part de la BoJ ne se sont pas concrétisées. Cela conduit les investisseurs à envisager un scénario plutôt bipartite; soit le rythme de la croissance s’accélère et la BoJ se retient d’annoncer de nouvelles mesures de stimulation ou bien celle-ci adopte une approche attentiste afin d’observer si la situation se détériore davantage. Si le taux de croissance progresse au-dessus de 0,4 % en variation annuelle, alors les investisseurs opteront pour le premier cas de figure : la croissance est bien de retour et la BOJ ne prendra pas de mesures de soutien supplémentaires. Cela pourrait soutenir le yen, mais peser sur la performance du Nikkei étant donné qu’une monnaie plus forte pénaliserait les exportateurs japonais. Dans l’autre cas de figure, si la croissance reste morose et ne s’avère pas à la hauteur des prévisions, alors les investisseurs s’attendront à ce que ce ralentissement force la BOJ à augmenter ses mesures de stimulation ou bien à ce qu’elle les maintienne aux niveaux existants, plus longtemps. Ceci, naturellement, aura un effet négatif sur le yen et si celui-ci n’est pas « si terrible », alors la situation pourrait favoriser le Nikkei. Il est également important de tenir compte des publications à venir des données relatives à la production industrielle et aux ventes au détail chinoises qui devraient donner une autre dimension au développement du pays du soleil levant, la Chine étant son plus grand partenaire commercial. Si la croissance du Japon reste faible et que les indicateurs chinois se révèlent eux aussi fragiles, les investisseurs risquent d’adopter un positionnement davantage baissier sur le yen et vice versa.

Les retombées de ce discours sur l’activité financière

Dans l’ensemble; les prévisions peuvent se résumer de la manière suivante : en Europe, les investisseurs tendent à rester positifs au regard de la croissance, et si les résultats leur donnent raison, l’euro pourrait rebondir, voire même progresser rapidement. En Asie, le marché prévoit de faibles données économiques. Si cela s’avère correct, le yen pourrait faire l’objet de liquidations et celles effectuées contre ses homologues européennes pourraient être plus importantes.

Les ingrédients de la semaine

Décision de la BoE relative aux taux d’intérêt (lundi) – À l’issue des élections britanniques, la décision de la BoE en matière de taux d’intérêt sera le facteur dominant de l’évolution de la livre sterling. Bien que les investisseurs n’attendent pas de changement en matière de taux d’intérêt, ils vont être impatients de connaître le sentiment de la BoE et de déceler dans son rapport des indices pouvant laisser présager un relèvement des taux futur.

Croissance du PIB allemand (mercredi) – Une croissance du PIB allemand supérieure ou égale à 1,5 % en variation annuelle viendra soutenir l’euro.

Taux de chômage britannique de l’OIT (mercredi) – Si le taux de chômage tombe en dessous de 5,6 %, cela aura un effet positif sur la livre sterling.

Croissance du PIB de la zone euro (mercredi) – L’évènement majeur pour l’euro. Si le PIB se hisse à plus de 1 % en glissement annuel, l’euro risque de s’améliorer.

Ventes au détail américaines (mercredi) – L’évènement majeur pour le dollar et Wall Street. Si les ventes au détail s’avèrent supérieures aux prévisions, cela jouera principalement en faveur de Wall Street. Il faudra à la fois des chiffres de ventes au détail supérieurs aux prévisions et un PIB décevant dans la zone euro pour que le Dollar évolue à la hausse.

Croissance du PIB japonais (mercredi) – Si la croissance du PIB japonais ne parvient pas à se hisser au-dessus de 0,4 %, cela aura des conséquences négatives pour le yen.

Graphique de la semaine – AUD/JPY

Weekly chart AUDJPY

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