L’Espagne a remporté sa demi-finale face à la France sur le score de 2-0, au terme d’un match maîtrisé tactiquement et techniquement. Les Bleus, pourtant favoris avant la rencontre, n’ont jamais véritablement réussi à imposer leur rythme face à une équipe espagnole plus cohérente et plus efficace. La Roja disputera donc la finale, tandis que la France devra se contenter du match pour la troisième place.
Sur les marchés financiers, le scénario est assez similaire. La France possède davantage de stars mondiales et une profondeur de banc impressionnante. Sur les sept premiers mois de 2026, c’est bien l’Espagne qui affiche le collectif le plus performant.
Premier but espagnol : l’IBEX 35 distance le CAC 40
Le premier duel oppose les deux grands indices nationaux. À Paris, le CAC 40 évolue autour de 8 370 points et ne gagne qu’environ 3 % depuis le début de l’année. La performance demeure positive, mais elle paraît modeste au regard de l’évolution du marché espagnol.
À Madrid, l’IBEX 35 évolue désormais autour de 19 350 points, cela représente une progression proche de 12 % depuis le 1er janvier, après une année 2025 déjà exceptionnelle durant laquelle l’indice espagnol avait gagné près de 50 %.
Cette différence ne signifie pas nécessairement que les entreprises espagnoles sont intrinsèquement supérieures aux groupes français. Elle reflète surtout la composition très différente des deux indices.
L’IBEX 35 est fortement exposé aux banques, aux services aux collectivités et à l’énergie, des secteurs qui continuent de bénéficier de bénéfices élevés, de dividendes attractifs et d’une bonne visibilité.
Le CAC 40 dépend davantage du luxe, de l’automobile et de l’industrie mondiale, trois compartiments plus sensibles au ralentissement chinois, aux tensions commerciales et aux variations des devises.
Le milieu espagnol : Santander, BBVA et CaixaBank contrôlent le jeu
Comme sur le terrain, la principale force espagnole se trouve au milieu. Santander, BBVA et CaixaBank donnent le tempo à l’IBEX 35.
Santander affiche une progression d’environ 20 % depuis le début de l’année. BBVA avance d’environ 12 %, tandis que CaixaBank gagne près de 20 %. Ces établissements profitent encore de marges d’intérêt confortables, d’une activité commerciale robuste et de bilans nettement assainis depuis la crise financière européenne.
Côté français, la riposte manque de tranchant : La France dispose également de banques solides, notamment BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. Mais elles occupent une place moins centrale dans le CAC 40. Leur progression ne suffit donc pas à déterminer à elle seule la trajectoire de l’indice parisien, contrairement à la situation espagnole.
Deuxième but : l’énergie renforce l’avantage de l’IBEX
L’Espagne peut également compter sur une défense particulièrement solide avec Iberdrola, Endesa, Repsol ou Enagás.
Iberdrola, l’une des principales capitalisations espagnoles, progresse d’environ 13 % en 2026. Le groupe bénéficie de son positionnement dans les réseaux électriques, les énergies renouvelables et les infrastructures indispensables à l’électrification de l’économie. Après un bénéfice record de 6,3 milliards d’euros en 2025, le groupe a annoncé viser plus de 7,6 milliards d’euros à l’horizon 2028.
Endesa gagne pour sa part plus de 27 %, tandis qu’Enagás progresse d’environ 28 %. Ces valeurs défensives offrent une visibilité importante sur leurs revenus et distribuent généralement des dividendes élevés, un profil particulièrement recherché lorsque les investisseurs souhaitent réduire les risques de leurs portefeuilles.
Dans le camp français, TotalEnergies joue un rôle comparable, mais son influence ne suffit pas à neutraliser la faiblesse d’autres poids lourds. Le CAC possède donc une excellente individualité dans l’énergie, là où l’IBEX dispose d’un véritable bloc collectif.
La France possède les stars, mais certaines sont en méforme
Sur le papier, l’équipe française de la finance reste pourtant impressionnante. LVMH, Hermès, L’Oréal, Airbus, Schneider Electric, Safran, TotalEnergies et Air Liquide figurent parmi les entreprises européennes les plus importantes et les plus internationalisées.
Le problème est que plusieurs de ces leaders traversent une saison difficile. LVMH perd environ 24 % depuis le début de l’année, tandis qu’Hermès recule de plus de 20 %.
Le luxe français, longtemps principal moteur du CAC 40, souffre d’une croissance moins dynamique en Chine, d’une normalisation de la demande après les années de forte expansion et d’une plus grande prudence des consommateurs. Lorsque LVMH ou Hermès reculent, leur poids considérable pénalise directement l’indice parisien.
Certaines valeurs françaises continuent néanmoins de se distinguer. Schneider Electric profite de la croissance des centres de données, de l’électrification et des investissements liés à l’intelligence artificielle. Airbus et Safran bénéficient de carnets de commandes considérables et de la progression durable du trafic aérien. STMicroelectronics représente enfin l’un des principaux relais de croissance technologique de la cote parisienne.
Mais ces bonnes performances ne compensent pas totalement les difficultés du luxe, de l’automobile et de certaines valeurs technologiques ou de services.
Verdict final : 2-0 également pour l’Espagne en Bourse
Le score du match de la finance ressemble finalement à celui de la demi-finale : 2-0 pour l’Espagne.
Le premier but correspond à la nette surperformance de l’IBEX 35 par rapport au CAC 40 depuis janvier. Le second vient de la meilleure dynamique collective des banques et des valeurs énergétiques espagnoles.
La comparaison comporte toutefois une nuance importante. Sur le long terme, la France conserve probablement le plus beau banc de touche européen. Ses grandes entreprises sont plus diversifiées, davantage internationalisées et présentes dans des secteurs stratégiques comme le luxe, l’aéronautique, l’énergie, la santé, les infrastructures électriques et les semi-conducteurs.
Mais en football comme en Bourse, les noms prestigieux ne suffisent pas toujours. Il faut également être exposé aux bons secteurs au bon moment.
En 2026, le marché favorise les banques, les infrastructures électriques, les valeurs énergétiques et les entreprises capables de verser des dividendes réguliers. Cette configuration correspond parfaitement au profil de l’IBEX 35. Elle est beaucoup moins favorable à un CAC 40 encore dépendant du redressement du luxe.
Antoine Fraysse-Soulier est responsable de l’analyse des Marchés chez etoro. Ayant plus de quinze ans d’expérience en finance de marché (Brokers, Asset Managers), il nous a rejoint en 2019 pour partager sa connaissance et son expérience à toute la communauté etoro.
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