Dans notre vie quotidienne, nous gérons naturellement les risques. Nous souscrivons à une assurance santé, afin d’être protégés en cas de maladie. Et nous portons un casque lorsque nous prenons notre vélo, afin d’éviter un accident grave. Cette notion de gestion des risques concerne donc aussi naturellement les marchés financiers.

La gestion des risques d’investissement est un secteur crucial à étudier pour les investisseurs qui souhaitent bien gérer leur portefeuille. Pour cela, ils disposent de plusieurs outils, qui leur permettent de mieux appréhender le monde de la Bourse. Nous faisons le point sur les meilleurs moyens de protéger votre portefeuille et le rapport aux risques des traders.

Table des matières

Définition investissement : qu’est-ce que la gestion des risques en finance ?

Comment la gestion des risques s’applique-t-elle au marché boursier ?

Risque, définition : gérer le risque en tant qu’investisseur

Gérer le risque en tant que trader

Gérer les événements « Black Swan »

Profiter d’un Black Swan ou cygne noir

Investir dans des actions : gérez vos risques

Définition investissement : qu’est-ce que la gestion des risques en finance ?

La notion de risque en finance représente un danger : celui de perdre de l’argent lorsqu’on prend part à une opération ou qu’on achète un actif. Le risque est omniprésent en finance, au point que c’est un secteur que les entreprises délèguent souvent à une personne : le Risk Manager.

On peut par ailleurs distinguer plusieurs types de risques dans le secteur de la finance :

  •   Le risque de marché est le plus connu. Il s’agit du risque inhérent à l’utilisation d’instruments financiers dont les prix fluctuent. Par exemple une devise qui chute (on parle alors de risque de change), ou une action qui sous-performe.
  •   Le risque de liquidité est également important. Il s’agit du risque lié à l’achat d’un actif dans un marché non liquide. On risque alors de ne pas trouver d’acheteur lors de la revente.
  •   Le risque de taux est simplement le risque lié à l’évolution des taux d’intérêt et de crédit. Un emprunteur risque une augmentation des taux, et un prêteur risque une diminution des taux.
  •   Le risque opérationnel est plus terre-à-terre : il s’agit d’un risque de défaillance des outils utilisés. Par exemple un courtier dont la plateforme est mise hors ligne alors qu’on souhaite vendre un actif.

Il existe d’autres types de risque, mais ceux-ci sont les principaux. On notera au passage les risques liés à des facteurs situés en dehors du monde de la finance. Par exemple, on peut citer les facteurs géopolitiques et les changements de taux d’intérêt, ou encore les risques météo. C’est pourquoi le suivi de l’actualité est considéré comme un facteur clef de la gestion des risques financiers.

Pour les acteurs du monde de la finance, il est crucial de garder en tête ces notions, afin de faire des choix éclairés, dans le cadre d’investissement en devises ou actions. Il faut aussi noter que lorsqu’on parle de gestion des risques financiers, il ne s’agit pas nécessairement d’abaisser le risque, puisque celui-ci est omniprésent. Il s’agit de prendre en compte tous les types de risques liés à une transaction particulière : c’est la notion de rendement / risque. Et c’est particulièrement important pour la Bourse, comme nous allons le voir.

Comment la gestion des risques s’applique-t-elle au marché boursier ?

Les investisseurs sur les marchés boursiers doivent prêter particulièrement attention au risque. Par nature, un investissement dans une action comporte toujours deux risques principaux :

  •   Le risque de liquidité, que nous évoquions plus haut
  •   Le risque de volatilité, c’est-à-dire la propension d’un actif à connaître des fluctuations de prix importantes. Par exemple, l’euro est considéré comme moins volatil que les crypto-monnaies.

Il existe plusieurs stratégies pour gérer le risque lorsqu’on choisit d’investir dans des actions. On peut tout d’abord analyser les performances passées d’une action. Cela nous permet de déterminer sa volatilité moyenne, ainsi que son potentiel de croissance. On fera donc toujours une analyse des risques poussée par l’historique d’une action. La suite logique de tout cela, c’est que les actions « jeunes » sont naturellement considérées comme plus risquées.

Une autre stratégie courante pour mitiger le risque lors de l’achat d’actions est de diversifier son portefeuille. Il s’agit simplement d’acheter une variété d’actifs, afin d’étaler le risque. De cette manière, si une action chute, ce n’est qu’une partie de votre capital qui est engagée, le reste étant assuré par les autres actions.

On mentionnera aussi le moyen le plus simple de mitiger le risque en Bourse : investir dans des actions que ce que l’on est prêt à perdre. Si on ne met en jeu qu’une somme dont on peut se départir, cela veut dire qu’en cas d’échec, nous ne mettrons pas en risque notre sécurité financière.

Risque, définition : gérer le risque en tant qu’investisseur

L’investisseur en Bourse se distingue du trader par son but. Pour lui, il ne s’agit pas de faire un gain rapide, en misant sur les hausses et chutes d’une action sur le court terme. Ce choix du long terme fait qu’un investisseur doit se pencher avec plus d’attention sur les entreprises derrière ces actions, notamment sur le capital-risque.

Managing risk as a stock market investor

En termes de gestion de risques, cela veut dire étudier les bilans et suivre l’actualité de l’entreprise ou société de capital-risque, afin de déterminer sa solidité sur le long terme. Ce qui aidera le plus un investisseur sur les marchés boursiers, c’est d’avoir une stratégie cohérente et uniforme. Cela veut souvent dire choisir des seuils d’achat et de vente, et s’y tenir. On ne peut en effet pas analyser les performances d’une stratégie si on ne s’y tient pas à chaque fois.

Ce type de gestion des risques financiers est bien sûr à majorité de nature psychologique : il s’agit de garder la tête froide, lors des pertes comme lors des hausses des cours. On notera aussi que pour un investisseur, le hedging est une bonne manière de mitiger le risque. Il s’agit de prendre deux positions à l’inverse l’une de l’autre, avec le même montant engagé. Le risque est ainsi annulé, mais avec une conséquence : on ne peut pas dégager de gains importants. C’est donc une stratégie à réserver aux moments d’incertitudes sur les marchés.

Gérer le risque en tant que trader

On l’a déjà évoqué, le trader évolue dans un contexte différent de l’investisseur. Pour lui, ce sont les investissements à court terme qui priment. Il s’appuiera donc beaucoup plus sur les performances passées et présentes d’un actif et l’analyse des marchés, plutôt que sur l’entreprise ou le projet qui est derrière cet actif.

Managing risk as an active stock trader

Pour cela, le trader en Bourse a à sa disposition plusieurs outils. Il y a bien sûr le « stop loss », qui permet de clore une position dès qu’elle dépasse un certain seuil. Cela évite les chutes trop brutales. À l’inverse, le « take profit » permet de mitiger le risque d’avidité. Cela clôture une position lorsqu’elle atteint un seuil de performance, plutôt que d’attendre qu’elle grimpe encore et risquer ainsi une correction éclair des marchés.

Le hedging qu’on mentionnait plus haut est également un bon outil pour les traders indécis. Et là aussi, avoir des règles claires peut aider à mitiger le risque pour les traders. En trading journalier (day trading), beaucoup de traders suivent religieusement la règle des 1%. Il s’agit de ne jamais risquer plus de 1% de son capital sur un trade. Cela veut dire qu’il faudra 100 trades perdants pour perdre l’intégralité de son capital. C’est un excellent moyen de mitiger le risque pour les traders débutants, ou même confirmés.

Enfin, de nombreux traders choisissent de diversifier leur portefeuille afin de diminuer le risque global.

Gérer les événements « Black Swan » (théorie du cygne noir)

Chez les investisseurs et traders, les événements « Black Swan » ( théorie du cygne noir) sont particulièrement redoutés. La théorie a été écrite par Nassim Nicholas Taleb, un an avant la crise de 2008. L’idée est la suivante : les investisseurs et traders ont tendance à prendre les informations qu’ils ont sous les yeux (les cygnes blancs) comme des vérités absolues. C’est-à-dire que si un actif se porte bien, il continuera à le faire à l’avenir.

Black swan events and risk management

Mais lorsqu’un instrument financier se comporte de manière inattendue (un cygne noir), les investisseurs peuvent paniquer. Ils choisissent alors de quitter des positions par crainte, ce qui transforme un événement au départ peu conséquent en krach massif des marchés. C’est là un des risques les plus sous-estimés en trading : la psychologie humaine. L’effet de groupe peut avoir un effet colossal.

Profiter d’un Black Swan

Mais pour les investisseurs avertis, un « Black Swan » peut en réalité représenter une opportunité. Il permet de se repositionner rapidement sur un actif temporairement délaissé, afin de faire des gains importants lorsque la panique qui souffle sur les marchés a cessé.
En ce qui concerne la gestion du risque de Black Swan, on peut distinguer quatre stratégies :

  1.     Comme toujours, la diversification du portefeuille. Elle ne fait pas de miracle en cas de krach généralisé, mais elle permet de rebondir plus rapidement.
  2.     Réévaluer ses positions. Les événements Black Swan vous permettent de faire un tri bienvenu, car ils révèlent de manière éclatante quels sont les produits solides, qui subissent moins de volatilité.
  3.     Copier les autres traders. Le copy trading vous permet de suivre automatiquement les positions de traders confirmés, en une seule plateforme où copier les opérations de trading. Par exemple sur eToro, vous pourrez voir un calculateur de risque de trading pour chaque trader, qui indique la volatilité de son portefeuille. L’aspect social joue également : si vous faites partie d’une communauté de traders, vous pouvez mettre votre intelligence collective au service de vos trades. Cela vous permet donc de mitiger le risque en cas de Black Swan.
  4.     Se renseigner sur les marchés. Il peut être tentant de se laisser porter par des outils de gestion du risque comme les stop loss ou le copy trading, mais il ne faut pas négliger de se renseigner. Si vous suivez l’actualité des marchés et lisez des rapports financiers ou des statistiques régulièrement, votre stratégie de gestion du risque s’ajustera naturellement.

Il faut également se rappeler que si vous subissez un Black Swan, c’est l’intégralité des investisseurs qui le subissent aussi. Cela veut dire que la tendance est globale. Il convient donc souvent de garder son calme et de laisser passer le premier moment, afin d’évaluer la meilleure stratégie à adopter pour y faire face.

Investir dans des actions : gérez vos risques

Alors comment investir en Bourse sans risque ? En réalité, il est impossible d’éliminer le risque lorsqu’on fait des investissements. Les marchés boursiers et les actions comportent de manière inhérente des risques. Il est donc essentiel de les prendre en compte, sous peine d’encaisser d’importantes pertes.

Comme on l’a vu, il existe cependant des moyens de mitiger le risque, afin de n’accepter qu’un niveau de risque qui corresponde à notre profil. Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est celle-ci : s’informer est souvent le meilleur moyen de gérer le risque, ne manquez donc pas de vous renseigner sur les différentes stratégies à adopter.

Et en Bourse, comme ailleurs, l’expérience est clef. Plus vous effectuerez de trades, et plus la gestion du risque deviendra pour vous une habitude, afin d’optimiser au mieux votre portefeuille.