Géopolitique et Marchés : Pourquoi l’incertitude fait bondir l’or et le pétrole

Les marchés détestent l’incertitude, et actuellement, les investisseurs sont confrontés à l’un des contextes géopolitiques les plus instables de ces dernières décennies. L’escalade des tensions au Moyen-Orient ce week-end a provoqué une onde de choc sur l’ensemble des classes d’actifs, et la question cruciale qui préoccupe les investisseurs est de savoir combien de temps durera cette perturbation.

L’énergie est au cœur de la tourmente avec l’envolée du Brent et les risques maritimes

Le pétrole est le principal point de tension. Le Brent a bondi de 14 % à 83 dollars depuis le début de la semaine. Le détroit d’Ormuz, où transitent quotidiennement environ 20 % de la production mondiale de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié, voit son trafic maritime quasiment paralysé ce week-end.

Ce seul fait suffit à ébranler les marchés de l’énergie, mais les messages contradictoires émanant de l’Iran, qui attaque ses voisins du Golfe, tout en affirmant n’avoir aucune intention de fermer le détroit, ne font qu’accroître l’incertitude qui règne alors que les investisseurs tentent d’anticiper les fluctuations du marché.

Des mécanismes de protection existent et devraient permettre d’éviter qu’un scénario catastrophe ne se produise immédiatement. Le marché pétrolier mondial abordait ce conflit en situation de relative surproduction.

L’OPEP+ a annoncé une augmentation de sa production de 220 000 barils par jour pour avril, et les principaux pays consommateurs comme les États-Unis et la Chine détiennent d’importantes réserves stratégiques.

L’Arabie saoudite dispose également de capacités de transport par oléoduc permettant de détourner une partie de ses exportations du Golfe.

Ces mesures offrent un soulagement partiel, mais il s’agit de solutions à court terme plutôt que de solutions durables. Si les tensions persistent, la pression à la hausse sur les prix du pétrole se répercutera directement sur les coûts de transport et, à terme, sur l’inflation mondiale.

L’or au sommet de son rôle de valeur refuge face au repli des crypto-actifs

Au-delà du pétrole, l’or demeure le baromètre le plus fiable des craintes des investisseurs. Le cours de l’or a franchi la barre des 5 400 dollars l’once lundi 2 mars. Il affiche une hausse d’environ 22 % depuis le début de l’année, confirmant son rôle de valeur refuge incontournable en période d’escalade des risques géopolitiques.

L’or reste un placement sûr pour les investisseurs en période d’incertitude, et cette tendance devrait se maintenir.

À l’inverse, les crypto-actifs ont subi des pressions ce week-end et ne seront certainement pas épargnés par cette vague de ventes dans un avenir proche.

Marchés actions : un cocktail explosif entre valorisations de l’IA et choc pétrolier

Pour les investisseurs en actions, le timing est particulièrement mal choisi. Les marchés américains étaient déjà sous tension début mars, après avoir enregistré leur pire repli mensuel depuis avril, sur fond d’inquiétudes croissantes concernant la valorisation de l’IA.

L’ajout d’un potentiel choc pétrolier et de nouvelles craintes d’inflation à ce climat déjà fragile crée un environnement difficile pour les actifs à risque. Habituellement, dans ce type de conditions de marché, on observe une ruée vers les achats à la baisse, mais cet appétit pourrait rester modéré tant que l’ampleur et la durée de ce conflit ne seront pas plus claires. À l’heure actuelle, force est de constater que personne ne sait comment ce scénario évoluera, et cette incertitude même maintiendra les marchés en alerte.

Privilégier la vision à long terme face au bruit ambiant

L’histoire nous apprend que les chocs géopolitiques ont tendance à provoquer de fortes variations initiales sur les marchés du pétrole et des valeurs refuges, variations qui s’atténuent généralement assez vite si le conflit est contenu.

Le problème est que cette situation est différente de celle de l’année dernière, lorsque les frappes contre l’Iran ont été suivies de représailles limitées et d’une normalisation rapide des marchés.

Cette fois-ci, les représailles ont été beaucoup plus agressives et généralisées. En l’absence de signes clairs de désescalade, les investisseurs doivent s’attendre à une forte volatilité sur les marchés du pétrole, de l’or, des devises et des actions tout au long de la semaine à venir.

Dans des moments comme celui-ci, l’instinct est d’agir, mais pour la plupart des investisseurs à long terme, la meilleure stratégie consiste à ne pas intervenir.

Vendre sous le coup de la panique est rarement une bonne décision a posteriori. Les traders doivent analyser chaque information, mais les investisseurs ayant un horizon de placement plus long peuvent se permettre de faire abstraction du bruit ambiant.

Antoine Fraysse-Soulier est responsable de l’analyse des Marchés chez eToro. Ayant plus de quinze ans d’expérience en finance de marché (Brokers, Asset Managers), il nous a rejoint en 2019 pour partager sa connaissance et son expérience à toute la communauté eToro.

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